Variétés modernes ou clones du passé ?


Première vague : dés 1875, des sélectionneurs pratiquent des croisements manuels (hybridation) entre des variétés très différentes. Ils vont chercher dans les blés anglais la résistance aux maladies, dans les blés Russes la précocité et la taille moins haute et chez les Italiens la résistance à la sècheresse.

En quelques décennies, la semence devient la propriété des sélectionneurs qui accélèrent l'adaptation des variétés à une agriculture qui change vite en s'industrialisant. Une rupture s'est alors opérée entre la variété de blé, son milieu naturel de culture, le paysan qui la cultivait et celui qui la reproduisait. Le métier de sélectionneur commerçant de semences étant né, d'autres blés vont vite envahir les champs des paysans.

Deuxieme vague : les années 50. La “révolution verte” (mais en réalité industrielle) demande aux blés d'être productifs et de bien valoriser les engrais chimiques. Pour cela on crée des blés nain, précoces et mangeurs d'azote.
Fini les grands blés aux épis lâches et aux grains longs, place aux blés courts aux épis compacts, râblés, mats.
Sur toute la planète, ces « variétés » naines à haut rendement devaient permettre de nourrir le monde. La chimie organique pourvoit au reste en raccourcissant chimiquement encore les pailles et en traitant toutes les maladies induites par ces plantes sous gavage chimique. Ces blés “type” satisfont les boulangers, pâtissers et pâstiers indusitriels mais en faisant fi de la notion de terroir pour laisser la place au territoire des profits.

L'uniformisation en marche réduisit considérablement la diversité des blés cultivés.